Coiffure : eczéma, allergies aux produits et document unique
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L'allergie est la deuxième cause de maladie professionnelle chez les coiffeurs, selon l'INRS, et la coiffure est l'un des métiers les plus touchés par l'eczéma des mains. Le document unique d'un salon doit donc évaluer les colorations, décolorants et shampoings poste par poste, avec des mesures simples : produits en crème plutôt qu'en poudre, préparation ventilée, gants en nitrile.
Eczéma, urticaire, asthme : d'où ils viennent
La fiche d'allergologie professionnelle TA 105 de l'INRS (2022) décrit deux mécanismes qui s'additionnent :
- L'irritation : les coiffeurs ont les mains dans l'eau en moyenne au moins 2 heures par jour, souvent plus de 4, avec des shampoings, des produits de permanente, de décoloration, de coloration et des détergents de nettoyage. La peau abîmée laisse ensuite passer les allergènes.
- L'allergie : les principaux allergènes sont les colorants capillaires, les persulfates des décolorants, les biocides et les parfums. Les persulfates sont aussi la principale cause d'urticaire de contact et peuvent provoquer rhinite et asthme quand leur poudre est respirée.
Ces affections apparaissent souvent tôt, parfois dès l'apprentissage, et une fois l'allergie installée, le moindre contact avec le produit peut déclencher une crise. Plusieurs tableaux de maladies professionnelles permettent de les reconnaître.
Ce que le Code du travail demande pour les produits
L'employeur évalue les risques de chaque produit chimique dangereux à partir de sa fiche de données de sécurité ou, pour les produits cosmétiques qui n'en ont pas, à partir de la composition demandée au fournisseur (articles R4412-5 à R4412-7). Il remplace un produit dangereux par un produit moins dangereux quand c'est possible, sinon protège d'abord collectivement (ventilation, captage), puis individuellement (articles R4412-15 et R4412-16). On ne mange ni ne boit là où l'on prépare les produits, et chaque récipient reste étiqueté (articles R4412-17, R4412-20 et R4412-39-1). Une salariée enceinte ne doit pas être exposée aux produits toxiques pour la reproduction (article D4152-10).
Les mesures qui protègent vraiment
- Choisir les produits : décolorants en crème, en pâte ou en liquide prêt à l'emploi plutôt qu'en poudre, qui se disperse ; shampoings aux tensioactifs les moins irritants.
- Préparer à part : un coin ou un local de préparation avec une aspiration au poste, et une ventilation générale permanente du salon.
- Organiser : couper les cheveux avant la coloration, répartir les shampoings et le nettoyage dans l'équipe pour que personne n'ait les mains dans l'eau toute la journée.
- Gants : des gants en nitrile à manchettes longues pour préparer et appliquer colorations, décolorations et permanentes, et aussi pour les shampoings et le nettoyage. Selon l'INRS, le vinyle et le latex laissent passer les colorants en une quinzaine de minutes ; le nitrile protège encore bien après une heure. Un gant à usage unique ne se réutilise jamais.
- Peau : pas de bague au travail, mains rincées et bien séchées, crème hydratante après le travail.
- Former dès l'arrivée, apprentis compris, et signaler toute rougeur ou démangeaison au médecin du travail.
Bras levés, nuque penchée, station debout
Après la peau, les douleurs du dos, des épaules et des poignets sont le deuxième grand risque du métier : postures prolongées, gestes répétitifs, outils lourds ou mal entretenus. Fauteuils réglables, tabouret de coupe, bacs à la bonne hauteur et ciseaux adaptés réduisent ces contraintes. La subvention « Prévention risques ergonomiques » de l'Assurance Maladie peut financer 70 % de bacs à shampoing et de sièges de coupe à réglage électrique, dans la limite des budgets de votre caisse régionale et avec un document unique à jour : voir les subventions de l'Assurance Maladie.
Ce qu'ajoute la convention collective de la coiffure
La convention collective de la coiffure (IDCC 2596) prévoit que :
- quand l'employeur impose une tenue, il la fournit et la nettoie à ses frais (article 16) ;
- un salarié de moins de 18 ans travaille au plus 8 heures par jour et 35 heures par semaine, avec une heure de pause repas et deux jours de repos consécutifs par semaine (article 6.1) ;
- une salariée enceinte a une demi-heure de présence en moins par jour sans perte de salaire (accord du 3 février 2014, article 5.1). Voir salariée enceinte et document unique.
Les autres risques à évaluer
- Sol : cheveux et eau balayés et essuyés au fil de la journée, revêtement antidérapant aux bacs.
- Coupures : lames de rasoir changées sans contact, rangées après usage.
- Brûlures : fers à lisser posés sur un support.
- Électricité près de l'eau : installation vérifiée, pas de rallonge au sol.
- Laques et aérosols : stockés loin des sources de chaleur.
- Clientes et charge de travail : plannings qui laissent les pauses, conduite à tenir en cas de litige. Voir les risques psychosociaux.
En résumé
- Chaque produit évalué avec sa fiche de données de sécurité ou sa composition.
- Décolorants sans poudre, préparation ventilée, gants nitrile à manchettes longues, jamais réutilisés.
- Les shampoings répartis dans l'équipe, la coupe avant la coloration.
- Postes réglables pour le dos et les épaules.
- Toute rougeur ou gêne respiratoire signalée au médecin du travail.
Pour voir un document rempli : exemple de document unique de salon de coiffure. Pour faire le vôtre : document unique salon de coiffure.
Sources : INRS, page métier « Coiffure », dépliant ED 6397 et ED 4474 TutoPrév' Accueil Métiers de la beauté ; fiche d'allergologie professionnelle TA 105 Dermatites de contact professionnelles des coiffeurs (Références en santé au travail n° 169, mars 2022) ; Assurance Maladie, conditions de la subvention Prévention risques ergonomiques (mai 2026) ; Code du travail, articles D4152-10, R4412-5 à R4412-7, R4412-15, R4412-16, R4412-17, R4412-20 et R4412-39-1 ; convention collective nationale de la coiffure (IDCC 2596), articles 6.1 et 16, et accord du 3 février 2014, article 5.1, lus le 17 octobre 2026.