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Glace, caisses et couteaux : les risques d'une poissonnerie

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En poissonnerie, 44 % des accidents viennent des manutentions (caisses de poisson, bacs de glace), 32 % des outils à main et 13 % des chutes, selon l'Assurance Maladie : un accident y coûte en moyenne 55 jours d'arrêt. Dans le document unique, trois points méritent des actions précises : la glace et les caisses, les couteaux et les piqûres, et le sol mouillé. S'y ajoutent le froid, l'arrivée de la marée tôt le matin et les règles de la convention collective.

La glace et les caisses : le premier risque

Caisses de poisson portées du trottoir à la réserve puis à l'étal, glace pelletée et portée en bacs, étal dégivré à la main le soir : ce sont ces gestes, répétés chaque jour, qui abîment le dos et les épaules. Le Code du travail demande d'éviter d'abord la manutention manuelle, par l'organisation et les équipements mécaniques (article R4541-3). L'INRS recommande, dans son dépliant ED 6380 et le TutoPrév' ED 4473 :

Une femme ne porte pas plus de 25 kg (article R4541-9) et une salariée enceinte n'utilise pas de diable (article D4152-12) ; un jeune de moins de 18 ans ne porte plus de 20 % de son poids qu'avec une aptitude médicale (article R4153-52).

Une subvention de 70 % pour le matériel

La subvention « Prévention risques ergonomiques » de l'Assurance Maladie peut financer 70 % de rolls, bacs et chariots à niveau constant, de meubles bas réfrigérés pour les métiers de bouche ou d'un monte-charge, avec une subvention d'au moins 500 € et jusqu'à 25 000 € par type de dépense (75 000 € au total sur 2024-2027 pour les entreprises de 1 à 199 salariés), dans la limite des budgets de votre caisse régionale. Elle demande un document unique réalisé et mis à jour depuis moins d'un an (les entreprises de moins de 11 salariés sont dispensées de la mise à jour annuelle). Le détail est dans les subventions de l'Assurance Maladie.

Couteaux, arêtes et crustacés

Les outils à main (coupures, blessures) sont la deuxième cause d'accident, 32 % selon la Cnam : surtout le couteau au filetage, sur un poisson glissant. Les arêtes dorsales des poissons piquants et les déchets piquent et coupent, avec un risque d'infection de la peau, selon la page métier de l'INRS. Dans le document unique, prévoyez :

Les équipements de protection individuelle sont fournis gratuitement par l'employeur, qui veille à leur entretien et à leur remplacement (article R4323-95).

Sol mouillé et électricité

Glace fondue, eau de nettoyage et écailles rendent le sol glissant : revêtement antidérapant facile à nettoyer, sol en pente vers une évacuation bien placée, allées dégagées, eau raclée au fil du travail, et chaussures ou bottes à semelles antidérapantes pour tous. La même eau rend dangereuse une installation électrique inadaptée (armoire, câbles, éclairage de l'étal) : installation vérifiée régulièrement, matériel adapté aux ambiances humides, matériels défectueux et câbles abîmés signalés et remplacés, salariés informés du risque électrique.

Froid et chambre froide

Mains dans la glace, étal réfrigéré, allers-retours en chambre froide : l'employeur protège les salariés contre le froid, après avis du médecin du travail et, s'il existe, du CSE (article R4223-15). Vêtements et gants adaptés fournis, temps limité en chambre froide, et une chambre qui s'ouvre de l'intérieur, avec une alarme en cas d'enfermement vérifiée régulièrement. Au-delà de 900 heures par an à 5 °C ou moins, le froid devient un facteur de pénibilité (article D4163-2) : voir la pénibilité dans le document unique.

La marée tôt le matin : travail de nuit

La convention collective de la boucherie, boucherie-charcuterie-traiteur et poissonnerie (IDCC 3254) a, pour la poissonnerie, ses propres règles de nuit (article 103) :

Le travail de nuit est interdit aux moins de 18 ans, de 22 h à 6 h entre 16 et 18 ans (articles L3163-1 et L3163-2) : pour un commerce, l'inspecteur du travail ne peut l'autoriser qu'à titre exceptionnel, jamais entre minuit et 4 h. Un apprenti de moins de 18 ans ne réceptionne donc pas la marée avant 6 h, sauf dérogation exceptionnelle de l'inspecteur du travail, et jamais avant 4 h. La convention rend aussi la visite d'information et de prévention obligatoire, sous la responsabilité de l'employeur, et la fait passer avant l'embauche aux travailleurs de nuit (article 45).

Les autres risques à évaluer

En résumé

Pour voir un document rempli : exemple de document unique de poissonnerie. Pour faire le vôtre : document unique poissonnerie.

Sources : INRS, page métier « Poissonnerie », dépliant ED 6380 (chiffres Cnam) et ED 4473 TutoPrév' Accueil Métiers de bouche ; Assurance Maladie, conditions de la subvention Prévention risques ergonomiques (mai 2026) ; Code du travail, articles L1225-9, L3163-1, L3163-2, D4152-12, R4153-52, D4163-2, R4223-15, R4323-95, R4541-3 et R4541-9 ; convention collective nationale de la boucherie, boucherie-charcuterie-traiteur, poissonnerie (IDCC 3254), articles 45 et 103, lus le 17 octobre 2026.

À lire aussi

Ces guides sont une information générale, pas un conseil juridique personnalisé. Les textes font foi : Code du travail, articles L4121-1 à L4121-3-1 et R4121-1 à R4121-4.