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Poussière de farine et asthme du boulanger : le document unique d'une boulangerie

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Les farines sont la première cause d'asthme professionnel en France, et les boulangers représentent un quart des salariés atteints d'affections respiratoires, selon l'INRS. Dans le document unique d'une boulangerie, la poussière de farine est donc un risque à coter haut, avec des actions concrètes : l'eau avant la farine, pas de balai ni de soufflette, un pétrin à capot plein. S'y ajoutent deux points propres au métier : le travail de nuit et les apprentis.

Pourquoi la farine rend malade

La poussière de farine est un allergène : respirée chaque jour, elle peut provoquer une rhinite puis un asthme, chez l'apprenti comme chez le boulanger expérimenté, au point d'obliger certains à quitter le métier. Les mélanges contiennent aussi des améliorants, des levures et parfois des acariens, eux aussi allergisants. La poussière se dégage surtout au versement des sacs dans le pétrin, au pesage, au démarrage du pétrissage, au fleurage à la main et au nettoyage. Le sucre glace se disperse de la même façon. L'asthme et la rhinite du boulanger peuvent être reconnus comme maladie professionnelle au titre du tableau n° 66 du régime général.

Le Code du travail fixe, pour les locaux où des poussières sont émises, une concentration moyenne sur 8 heures de 4 mg/m³ de poussières totales et de 0,9 mg/m³ de poussières alvéolaires au plus, et demande d'abord de supprimer ou de capter les émissions à la source (articles R4222-10 et R4222-12).

Les gestes qui réduisent la poussière

La recommandation R 439 de l'Assurance Maladie et la brochure ED 6400 de l'INRS partent du même principe : agir à la source plutôt que compter sur le masque.

Dans le document unique, écrivez la situation telle qu'elle est (« sacs versés à la main dans un pétrin à grille, nettoyage au balai ») et datez chaque action : ce sont ces lignes qui montrent à un contrôleur que le risque est pris en charge.

Une subvention pour le matériel à faible émission

La subvention « Poussières de farine » de l'Assurance Maladie finance 70 % du prix hors taxes de pétrins et batteurs à capot plein, de diviseuses à faible émission, d'aspirateurs adaptés et de farineurs, pour les entreprises de 1 à 49 salariés, à partir de 500 € de dépense et jusqu'à 25 000 € HT sur 2023-2028, dans la limite des budgets de votre caisse régionale. Elle demande un document unique réalisé et mis à jour depuis moins d'un an. Pour la manutention (tables élévatrices, monte-charges, chariots à niveau constant), la boulangerie bénéficie d'un taux de 85 % grâce à l'accord de sa branche. Le détail est dans les subventions de l'Assurance Maladie.

Le travail de nuit en boulangerie

La convention collective de la boulangerie-pâtisserie artisanale (IDCC 843) fixe la période de nuit de 21 h à 6 h. Le travailleur de nuit a une pause d'au moins 20 minutes dès 6 heures de travail, travaille au plus 8 heures par jour (10 exceptionnellement) et 40 heures par semaine en moyenne sur 12 semaines, a droit à une journée de repos supplémentaire à partir de 270 heures de nuit dans l'année (deux au-delà de 600) et à une surveillance médicale particulière (article 23, avenant n° 81 du 21 décembre 2005).

Au-delà d'une heure de travail entre minuit et 5 h sur au moins 100 nuits par an, le travail de nuit est aussi un facteur de pénibilité : le salarié est déclaré dans la DSN pour son compte professionnel de prévention (article D4163-2). Voir la pénibilité dans le document unique.

Apprentis mineurs : la nuit et les machines

Le détail est dans apprenti mineur et document unique.

Les autres risques à évaluer

En résumé

Pour voir un document rempli : exemple de document unique de boulangerie. Pour faire le vôtre : document unique boulangerie.

Sources : INRS, page métier « Boulangerie, pâtisserie, chocolaterie, glacerie » et dépliant ED 6400, ED 4473 TutoPrév' Accueil Métiers de bouche ; Assurance Maladie, recommandation R 439 sur les poussières de farine en boulangerie artisanale, conditions des subventions Poussières de farine et Prévention risques ergonomiques ; tableau n° 66 des maladies professionnelles du régime général ; Code du travail, articles L3163-2, R3163-1, R3163-3, R3163-5, D4152-12, R4153-40, R4153-41, R4153-44, D4153-28, R4153-52, D4163-2, R4222-10, R4222-12, R4323-14, R4323-15 et R4541-9 ; convention collective nationale de la boulangerie-pâtisserie (IDCC 843), article 23, lus le 17 octobre 2026.

À lire aussi

Ces guides sont une information générale, pas un conseil juridique personnalisé. Les textes font foi : Code du travail, articles L4121-1 à L4121-3-1 et R4121-1 à R4121-4.