Coter les risques du document unique : gravité et probabilité
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Coter les risques, c'est leur donner une note pour savoir par quoi commencer. Le Code du travail n'impose aucune méthode. La plus simple, et la plus répandue en petite entreprise, croise la gravité et la probabilité.
Pourquoi coter ?
Une boulangerie compte facilement vingt ou trente risques. On ne peut pas tout traiter le même mois. La cotation sert à hiérarchiser : traiter d'abord ce qui peut blesser gravement et arrive souvent, puis le reste. C'est aussi le sens de la loi : l'évaluation doit déboucher sur des actions de prévention (article L4121-3-1). Une bonne cotation montre que les risques graves passent en premier.
La méthode gravité × probabilité
Pour chaque risque, on donne deux notes de 1 à 4.
| Note | Gravité : que peut-il arriver ? | Probabilité : à quelle fréquence ? |
|---|---|---|
| 1 | Blessure légère sans arrêt | Exceptionnel |
| 2 | Arrêt de travail court | Rare |
| 3 | Arrêt long ou maladie professionnelle | Fréquent |
| 4 | Séquelles graves ou décès | Très fréquent ou permanent |
La note du risque est le produit des deux, de 1 à 16. Nous classons ensuite les risques en trois niveaux :
| Note | Niveau | Action à prévoir |
|---|---|---|
| 9 à 16 | Priorité 1 | Dans le mois |
| 4 à 8 | Priorité 2 | Dans les 3 mois |
| 1 à 3 | Priorité 3 | Dans les 6 mois, ou à surveiller |
Dans notre modèle Excel, ces trois niveaux s'appellent « prioritaire », « à traiter » et « à surveiller ». Ces seuils sont un choix de méthode, pas une règle : l'important est d'utiliser la même grille pour tous les risques, et de l'indiquer dans le document.
Des exemples cotés
Le risque le plus élevé de chaque métier, tel que nous le cotons avant de connaître votre entreprise :
| Métier | Risque | G × P |
|---|---|---|
| Boulangerie-pâtisserie | Poussière de farine : versement des sacs dans le pétrin, fleurage à la main, nettoyage à la balayette ou à la soufflette | 3 × 4 = 12 |
| Boucherie-charcuterie | Couteau qui ripe pendant le désossage : désossage et parage quotidiens, couteau tiré vers soi | 3 × 4 = 12 |
| Restaurant, brasserie | Sol gras ou mouillé : déplacements rapides pendant le service, sol de cuisine et passage vers la salle | 3 × 4 = 12 |
| Restauration rapide | Livraisons en scooter, vélo ou voiture : livraisons à domicile aux heures de pointe, le soir, sous la pluie, téléphone utilisé pour l'itinéraire | 4 × 3 = 12 |
| Salon de coiffure | Colorations, décolorants, permanentes : préparation des mélanges et application, vapeurs et poudres | 3 × 4 = 12 |
| Pharmacie d'officine | Rayonnages et tiroirs en hauteur : rangement des commandes en hauteur, montée sur un escabeau instable ou une chaise | 3 × 3 = 9 |
| Garage, réparation automobile | Gaz d'échappement : moteur tournant dans l'atelier pour diagnostic ou réglage | 4 × 3 = 12 |
Dans votre document, ces notes changent avec ce que vous avez déjà en place, et c'est tout l'intérêt de la cotation.
Tenir compte de ce qui existe déjà
On cote le risque tel qu'il est aujourd'hui, avec les protections réellement utilisées. Un pétrin à capot plein réduit la poussière de farine ; un aspirateur à la place du balai aussi. Mais des gants rangés dans un tiroir et jamais portés ne comptent pas.
Quand une action est faite, on revoit la note à la mise à jour suivante. Un risque qui passe de 12 à 4 montre que la prévention avance.
Les erreurs de cotation
- Tout mettre à 2, pour ne rien avoir de prioritaire. Un fournil où la farine n'est pas un risque majeur ne sera pas crédible : c'est la première cause d'asthme professionnel chez les boulangers.
- Coter la gravité sur ce qui arrive d'habitude, et non sur ce qui peut arriver : une chute dans l'escalier de la cave est rarement mortelle, mais elle peut l'être.
- Oublier les maladies : l'asthme, l'eczéma ou le mal de dos s'installent lentement, mais ils sont graves (note 3 au moins).
- Coter seul : vos salariés savent ce qui arrive vraiment, et à quelle fréquence.
Et ensuite ?
Pour chaque risque de priorité 1 ou 2, on écrit une action concrète, avec un responsable et une échéance. Notre modèle Excel calcule la note et la priorité automatiquement. La méthode complète, des unités de travail au plan d'actions, est dans comment faire son document unique.
Sources : Code du travail, articles L4121-2, L4121-3, L4121-3-1 et R4121-1 ; INRS, Évaluation des risques professionnels (ED 840) et brochures métier.