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Document unique d'un institut de beauté ou d'une onglerie

Mis à jour le

Un institut de beauté ou une onglerie qui emploie une salariée ou une apprentie doit avoir un document unique. Dans l'esthétique, la convention collective va plus loin que le Code du travail : le document est mis à jour au moins une fois par an, dès le premier salarié. Et le risque propre au métier, à évaluer en premier, est souvent celui des produits des ongles.

Obligatoire dès la première salariée, à jour chaque année

Le Code du travail oblige tout employeur à évaluer les risques et à les transcrire dans un document unique (articles L4121-3 et L4121-3-1). La mise à jour annuelle n'y est imposée qu'à partir de 11 salariés (article R4121-2). Mais la convention collective de l'esthétique-cosmétique (IDCC 3032) prévoit, dès l'embauche du premier salarié, une mise à jour au minimum annuelle, et demande d'associer les salariés à l'élaboration et à la révision du document (article 7.2). Dans tous les cas, le document se met à jour à chaque changement important : nouvel appareil, nouvelle prestation, travaux, ou quand une information nouvelle apparaît, par exemple après un accident. Le détail est dans la mise à jour du document unique.

Ce que disent les chiffres du métier

Selon l'Assurance Maladie, reprise par l'INRS :

Les maladies professionnelles, elles, viennent surtout des produits (allergies, asthme) et des postures (dos, nuque, épaules, poignets).

Les unités de travail d'un institut

Trois à six unités suffisent. Pour un institut type :

Ne gardez que celles qui existent chez vous : pas d'espace humide sans hammam ni douche, pas de prestations à domicile si tout se fait à l'institut.

Les produits des ongles : le risque à évaluer en premier

Résines, vernis, bases, solvants, dissolvants et poussières de ponçage : selon l'INRS, leur usage répété peut provoquer allergies, asthme, maux de tête, intoxications et, pour certains produits, des effets sur la fertilité ou des cancers. Pour les agents chimiques dangereux, le Code du travail demande à l'employeur :

Les mesures que recommande l'INRS pour l'onglerie (ED 6507, ED 6355, ED 4474) :

Apprentie mineure et salariée enceinte

Une apprentie de moins de 18 ans ne peut pas manipuler d'agents chimiques dangereux, sauf exceptions limitées (article D4153-17). Pour qu'elle pose de la résine ou du vernis classé dangereux pendant sa formation, l'employeur doit avoir évalué les risques propres aux jeunes dans le document unique, l'avoir formée, la faire encadrer, obtenir un avis médical d'aptitude, puis envoyer une déclaration de dérogation à l'inspection du travail avant de l'affecter à ces travaux (articles R4153-40 et R4153-41). La démarche est détaillée dans apprenti mineur et document unique.

Une salariée enceinte ou qui allaite ne peut pas être affectée à un poste qui l'expose à des produits toxiques pour la reproduction de catégorie 1A ou 1B (article D4152-10) : demandez la composition au fournisseur, les produits cosmétiques n'ayant pas toujours de fiche de données de sécurité. La convention collective de l'esthétique lui accorde aussi une demi-heure de travail en moins par jour dès le troisième mois de grossesse, une heure dès le sixième mois révolu, sans baisse de salaire (article 12). Voir salariée enceinte et document unique.

Lampes UV, lumière pulsée, laser, cabine de bronzage

Ces appareils émettent des rayonnements optiques artificiels. L'employeur évalue l'exposition des salariées à partir des données du fabricant et, si elles ne suffisent pas à conclure à l'absence de risque, calcule et au besoin mesure les niveaux ; les résultats vont dans le document unique (articles R4452-7 et R4452-10). Il réduit l'exposition à la source et fournit des protections, comme des lunettes, quand elle ne peut être évitée autrement (articles R4452-13 et R4452-16). L'INRS recommande des lunettes de protection pendant l'utilisation des lampes UV et qu'aucun salarié ne reste dans une cabine de bronzage pendant la séance (ED 4474). Un jeune de moins de 18 ans ne peut être affecté à des travaux qui risquent de dépasser les valeurs limites qu'avec une dérogation (article D4153-22).

Postures, chutes et clientèle

Les aides de l'Assurance Maladie

Un document unique réalisé et mis à jour depuis moins d'un an fait partie des conditions des subventions Prévention pour les entreprises de moins de 50 salariés (les entreprises de moins de 11 salariés sont dispensées de la mise à jour annuelle pour ces aides). La subvention « Risque chimique équipements » peut financer 70 % d'équipements comme une armoire de sécurité ventilée pour stocker les produits avec rejet à l'extérieur, ou des bacs de rétention, dans la limite de 25 000 € HT sur 2023-2028 et des budgets de votre caisse régionale. Les conditions et le reste du matériel finançable sont dans les subventions de l'Assurance Maladie.

En résumé

Pour voir un document rempli : exemple de document unique d'institut de beauté. Pour faire le vôtre : document unique institut de beauté.

Sources : INRS, ED 6385 Soins esthétiques, ED 6507 Soin et prothésie ongulaire, ED 6355 et ED 4474 TutoPrév' Accueil Métiers de la beauté ; Assurance Maladie, page « Instituts de beauté et de prothèse ongulaire » et fiche « Comment bien choisir une table aspirante de prothésie ongulaire », conditions de la subvention Risque chimique équipements (janvier 2026) ; Code du travail, articles L4121-3, L4121-3-1, R4121-2, R4412-5, R4412-6, R4412-15, R4412-16, R4412-38, R4412-39, R4412-66, D4152-10, D4153-17, D4153-22, R4153-40, R4153-41, R4452-7, R4452-10, R4452-13 et R4452-16 ; convention collective nationale de l'esthétique-cosmétique (IDCC 3032), articles 7.2 et 12, lus sur Légifrance le 16 octobre 2026.

À lire aussi

Ces guides sont une information générale, pas un conseil juridique personnalisé. Les textes font foi : Code du travail, articles L4121-1 à L4121-3-1 et R4121-1 à R4121-4.